01 juillet 2006
Après le vernissage de Pink Man, sur un pont du métro, le BTS, près de l’énorme Centre Commercial Siam Paragon, nous sommes descendus à travers les tapis roulants, ponts en bétons sur trois étages, et esplanades de vitrines illuminées, directement derrière des pylônes de béton de 20 mètres de haut avec l’autoroute perchée au dessus, dans un petit jardin dans lequel est niché une villa en bois qui est restée intacte au milieu de cette folie urbaine.
Cet amoncellement me séduit toujours et je prends énormément de plaisir à suivre du regard cette superposition, et ces dédales qui communiquent.
Des tours de 65 étages en marbre blanc rose et en verre, des boutiques de marques partout, mais devant la vitrine adidas, une rangée de femmes qui cousent avec des Singer des années 50,
et ont installé des tables de camping sur lesquelles elles cuisinent et sous laquelle dort un enfant… des trottoirs défoncés avec des vendeurs de photos du Roi au kilo, de pékinois, de toutes les sortes de boulettes et brochettes grillées, et minuscules sucreries…
Les taxis roses bombons, le bruit, mais des mouvements calmes, fluides sans aucune marque
de nervosité même lorsque la voiture n’a pas avancé d’un mètre depuis 35 mn.
Ce que me communiquent très vite les asiatiques, du Japon à l’Inde, en passant par la Thaïlande c’est la lenteur des mouvements.
Très vite je ralentis mes mouvements, me débarrasse aussi de tous les mouvements désordonnés qui ne me sont pas nécessaires et qui ne sont que de la nervosité ou qui dans nos sociétés donnent l’illusion que nous sommes très occupés, je baisse la voix de quelques décibels, attend en silence lorsqu’une situation est bloquée…
Mais si je suis comme une éponge dans les sociétés asiatiques et que je me fond très vite dans le mouvement, ce n’est pas un apprentissage que je fais, c’est ce qui est troublant à chaque fois, c’est que je reviens aux mouvements, aux modes d’échanges qui me sont le plus naturels et qui me rendent le plus calme avec moi-même…
C’est pour cette même raison que les départs d’Asie sont si désespérants à chaque fois.
Car que dans ce sens, je dois réapprendre tous les mouvements et les modes de communication qui ne me sont pas du tout naturels et qui sont par conséquent porteurs de colère, de déprime et de violence psychologique.
J’aurais des milliers de détails à analyser les uns à la suite des autres… comme le rapport à l’extérieur ou bien le fait de prendre soin de ne jamais mettre l’autre en défaut, ni devant ses faiblesses ou incapacités… Les occidentaux qui ont la manie de faire l’inverse voient cela d’un mauvais œil, comme si ça avait à voir avec de l’hypocrisie et de la perte de temps, pour moi c’est la façon la plus pacifique d’avoir à faire au meilleur de chaque personne.
Pour en revenir à la vielle villa sous les ponts en bétons, nous avons mangé et bu beaucoup de whisky avec nos amis français qui vivent tous ici.
Ils ont chacun des histoires singulières qui les ont conduit à Bangkok.
Ils sont français mais ne le sont plus tellement non plus… ça fait souvent longtemps qu'ils ont commencé à aller d’un endroit à l’autre sur la planète…
J’ai adoré ce décor, dans la chaleur, les tables pleines de victuailles et de bouteilles, les groupes de thais qui rient et parlent dans la nuit, le bruit des voitures au dessus de la tête et la musique avec une voix sirupeuse dans les oreilles… les chats qui dorment entre les bouddhas et les bambous, les orchidées qui flottent dans un petit bassin.
Nous avons terminé tard, ivres et joyeux.
Hier en fin d’après-midi je suis retourné à la galerie.
Un chaîne TV tournait dans l’expo. Ils m’ont filmé en faisant des spirales autour de moi.
Je serais curieux de savoir ce que ça donne, mais je ne le verrai pas car ça passera à la TV, dimanche dans une semaine à 11 heures.
Ensuite j’ai présenté mon travail pendant 1h30 à un petit groupe d’étudiants en art, curieux.
Très difficile de quitter la galerie ensuite, car je n’y retournerai certainement pas.
J’ai du mal à lâcher les images, qui ne m’appartiennent plus, mais il faut que je le fasse car ça me reposera.
Nous sommes partis les bras chargés de mes catalogues.
J’ai la sensation d’être un voyageur de commerce d’images car je vais quitter la Thaïlande, ma valise pleine d’images. Des Tirages, mes catalogues, mes deux cartes postales, et deux affiches…
Les thaïs m’ont donné beaucoup à ce niveau là aussi.
Nous avons terminé la soirée chez Ark, Eme et Museum à boire du Veneto et discuter.
Commentaires
BRAVO !
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=60615&pid=2210546
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :





