08 juillet 2006
PHNOM PENH
.
.
.
.
.
.
J’ai vu hier à la télévision que la minuscule route entre le Sikkim et le Tibet, reliant la Chine et l’Inde vient d’être réouverte. J’y étais avec Erik il y a exactement deux ans. La route de deux mètres de large, grimpe au milieu des éboulis pour atteindre les plateaux du Tibet qui commencent au Tsongé Lake un lac complètement noyé de brume, vert au milieu d’un paysage de pierre grises avec les drapeaux de prière multicolores qui flottent et les Yaks laineux qui apparaissent à partir de 4000 mètres.
Cette route est l’une des anciennes route de la soie, et j’imaginais lorsque j’étais assis au bord du lac les caravanes de Yaks laineux transportant dans le vent et les nuages des chargements de thé, de pierres précieuses, d’ambre en direction de la Chine… les marchands emmitouflés dans des couvertures comme nous l’étions.
Mais si je me permets autant de digressions je ne parviendrai jamais à rattraper le temps, j’aurais souhaité m’attarder un peu plus sur le monastère de Ta Prohm avec ces étranges copulations de l’architecture et du végétal qui produisent des visions fantastiques mais le temps avance.
Durant notre séjour à Siem Reap, en revenant de nos excursions épuisantes et après une escale par l’hôtel nous avons dîné dans deux endroits plein de charme propre aux pays de l’ancienne Indochine Française.
Le Grand Hôtel, bel hôtel des années 20, en bois, comme on en voit à Dinard, Menton ou Vichy… puis l’ancien Centre Culturel Français un superbe bâtiment moderniste blanc datant des années 40, tout en pergolas et bassins rectangulaires.
Ces deux établissements ouvrent sur la promenade au bord de la rivière.
Nous revenions dans les rues noires à peine éclairées, au milieu des vélos et des phares de motos surchargées et sur les trottoirs défoncés des marchands ambulants.
J’adore ces moments là, dans la nuit noire mais dans un brouhaha assourdissant et très fluide à la fois, avec les visages souriants qui émergent de la nuit.
C’est dans ces moments là, que j’éprouve la vraie liberté que me donne l’Asie, car j’ai accès ici à une fluidité et une douce folie qui me mettent dans un état psychologique à la fois éveillé et détendu où je lache prise. C’est l’idéal pour penser, créer et effectuer la plupart des choses intéressantes de la vie.
Voilà pourquoi entre autres facteurs je peux travailler trois fois plus en Asie.
Nous avons quitté Siem Reap hier soir au coucher de soleil.
Les couchers de soleil dans cette région comme à Calcutta ne sont pas oranges, ils sont jaunes presque verts, à Calcutta ils sont jaunes vifs très certainement à cause de la pollution, ici un soleil jaune orangé éclaire un ciel vert aquatique…
Les motos commencent à éclairer leurs phares et la nuit commence.
Nous devions descendre jusqu’à Phnom Penh en bateau par le Tonlé Sap mais l’eau du lac est trop basse encore et doit attendre le reflux de la saison des pluies et le temps que l’eau voyage des pentes de l’Himalaya pour arroser la plaine.
Nous sommes donc remontés dans un petit avion à hélice bruyant et sportif qui nous a déposé à Phnom Penh vers 21 heures.
Une autre chose dont je raffole c’est d’être à 20 heures dans le ciel vers une ville que je ne connais pas encore, que je me prépare à découvrir dans quelques minutes à partir des premiers détails sur la route à la sortie de l’aéroport, ni de savoir dans quel environnement je vais me coucher le soir… puis comment ma représentation imaginaire de la ville va s’estomper à mesure que la réalité s’épaissit.
Une première chose amusante, c’est que nous avions réservé l’endroit où nous sommes à Phnom Penh sur internet pour les prix qu’ils nous offraient sans trop s’attarder sur le descriptif.
En fait nous avons loué un immense appartement avec salon, grande cuisine et deux chambres, un sol de marbre noir et blanc comme dans le Mépris avec Bardot et Piccoli.
L’immeuble est situé au centre de la ville, et depuis hier j’ai l’impression que nous sommes des expatriés venus s’installer ici pour longtemps.
L’appartement me fait penser à celui de Bombay oùj’étais installé dans le quartier de Bandra, des rues défonçées, et des immeubles résidentiels installés tant bien que mal sur les côtés, avec les gardiens qui discutent à l’entrée éclairée.
Ce matin nous avons pris le petit déjeuner avec croissants français de la boulangerie de la rue dans la cuisine qui donne sur d’autres immeubles et le toit d’une pagode dorée, l’autre côté de l’appartement ouvre sur une terrasse et le jardin.
Ce qui apparaît de Phnom Penh depuis hier soir est très étrange, je me souviens qu’on m’avait dit ça va te plaire car c’est le Far west. C’est en effet étrange… mais ça m’intéresse beaucoup.
Je m’arrête là aujourd’hui avant d’aller plus avant, Raphaël regarde du catch chinois à la Télévision, pendant que j’écris, il est 10 heures du matin, on va plonger dans la ville.
Commentaires
EAU DU CIEL
Les orages se succèdent sur la région parisienne mais de manière éparse. Il semble qu'il ait abondamment plu chez toi alors que mon balcon n'a recueilli que quelques grosses gouttes dérisoires. Chez toi les lys (je crois que ce sont des lys, les grosses fleurs au parfum entêtant) s'épanouissent doucement. Ici, on a pu voir avant hier, comme je l'imagine autour de vous en ce moment, des cyclistes intégralement trempés... Il fallait bien un petit point meteo, non ? lol
Et à propos d'eau, si j'adorerais un hamac comme celui là pour ma sieste, je ferais également volontiers un petit tour aux chutes si joliment fréquentées, juste avant.
Muchos besitos à tous les deux
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=60615&pid=2257073
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :






