20 juin 2006
.
.
.
.
Ce paysage pris de la terrasse de l'hôtel est composé de toutes les strates propres à Bangkok.
Au premier plan on voit le cimetière chrétien très mélancolique et aquatique dont on voit deux vues prises a l'interieur au dessus. Au milieu sur le terrain vague le terrain de foot blanc que l'on voit en haut… entre les deux des superbes villas en tek, ou bien en ruines ou récemment retapées. Si je devais vivre à Bangkok c’est dans ce type de maison au font d’un Soï (ruelles) que j’aimerais vivre. Plus haut la voie de métro, un carrefour sur Silom Road, l’enchevêtrement des buildings avec PatPong (le quartier de nuit et des cabarets) à gauche et Lumpini Park au fond.
Je travaille de plus en plus tard dans la chambre, aujourd’hui il est déjà 16 heures.
L’après-midi, hier, je suis passé à l’ambassade pour préparer les mailings etc. Il y avait une panne internet depuis 4 jours. L’ambiance était électrique comme des abeilles qui volent dans tous les sens à l’intérieur de la ruche.
Au bout de deux heures j’avais capté toute l’électricite de la ruche qui faisait écho à ma propre tension et j’avais le cœur qui battait deux fois plus vite alors que tout allait bien ; j’ai décidé de remédier au mal par une solution asiatique et j’ai demandé l’adresse pour des massages des pieds (très répandus ici)… J’ai trouvé un institut de massages quelques rues plus loin, il y en a souvent plusieurs par rue, presqu’autant que de cafés à Paris.
J’ai bu un jus de fruit bio à la couleur rouge, puis on m’a installé dans une pièce noire, plongé les pieds dans une bassine chaude, puis enveloppés dans des serviettes chaudes le massage des pieds a duré 1 heure, selon je suppose les points et méridiens d’acupuncture.
Toute la tension est redescendue et les idées redevenues claires.
J’étais invité à passer chez Ark et Eme pour voir le bébé Muséum et saluer Eme.
Trois autres thaïs de l’ambassade Anan, et deux sœurs Eï et Aï, étaient également invités.
Nous étions invités à 17 heures, mais comme je suivais les trois thaïs j’ai pu observer tout ce qui se fait ici qui ne se fait pas ailleurs etc. par exemple comment l’heure ne signifiait à peu près rien pour eux, mais bien d’autres choses très intéressantes. A 17 heures nous nous sommes rendus dans un Centre Commercial pour acheter des cadeaux, les sœurs ont acheté des costumes marins français, puis nous sommes descendus au sous-sol du Centre commercial pour acheter des paniers de nourriture thaï, chinoise, japonaise.
Moi, j’ai acheté un gateau au chocolat français dans une patisserie Accor !
Nous sommes arrivés chez Ark et Eme à 20 heures, les bras chargés comme si nous venions passer le week-end et avec trois heures de retard.
Les sœurs se sont précipitées dans la cuisine pour installer la table et nous avons mangé pendant qu’Eme et Ark nous faisaient la conversation depuis le salon.
Le bébé Museum est minuscule et en grande forme.
J’ai vu également le poisson Gabriel qui nage dans une grande jardinière sur la terrasse, nous l’avions acheté ensemble sur un grand marché il y a un an.
J’ai discuté avec Eme qui parle un français parfait avec des expressions et intonations parisiennes.
C’était intéressant d’être entouré seulement de thaïs et de voir comment ils s’adressent entre eux, ce qui se fait ou ne sa fait pas, j’observe et essaye de comprendre, bien que tout à fait thaïs se sont des thaïs toutefois singuliers, qui boivent du champagne, parlent pour la moitié français, font leurs recherches sur Margueritte Duras etc.
J’ai demandé à la jeune femme pourquoi Duras était presque considérée ici comme faisant partie de la littérature asiatique.
Elle m’a parlé de la lumière, de la lenteur des mouvements et des êtres comme des fantômes… elle avait raison. Je l’ai invitée à venir voir le dernier portrait, le portrait même posthume de Duras le 28 à mon expo.
Lorsque j’ai dit aurevoir à Ark en partant il répondait à une belle journaliste à qui il avait semble-t-il parlé de mon expo et m’a dit venir le 28…
Je suis revenu à pied en traversant des passerelles qui se croisent au dessus des avenues, puis en longeant des marchés de nuit, en enjambant des trous et en regardant les vitrines étincelantes…
19 juin 2006
Sarah et Anan sont passés à l’hôtel hier soir pour que je regarde les tests d’un catalogue d’une autre exposition à la colorimétrie mal équilibrée.
Avant, à la nuit tombée, je me suis promené dans le quartier sur lequel donne les fenêtres de ma chambre et dans lequel se trouve le temple hindou.
J’ai mangé des brochettes puis je suis entré dans les boutiques autour pour acheter de l’encens, et j’ai trouvé un Ganesh étincelant pour accompagner ceux qui président ma bibliothèque à Paris, et avant pour m’accompagner pendant mon voyage !
Ce qui m’a plu dans ce Ganesh doré, c‘est qu’il est agenouillé contre un lingam également doré qu’il enlace tendrement.
Je l’ai posé dans la chambre au milieu de guirlandes de jasmin, de lotus et d’œillets d’Inde qui, à mesure que passent les heures, sent de plus en plus fort et me fait tourner la tête.
Nous avons donc pris l’apéritif en regardant les épreuves de catalogue puis nous avons pris un taxi pour un autre quartier, plus à l’ouest il me semble.
A peine étions nous dans le taxi que des torrents de pluie se sont abattus dans les rues.
Tout à coup il y a 20 à 30 cm d’eau dans les rues.
Le taxi nous a laissé dans un marché de nuit, à 10 cm du trottoir où nous avons sauté directement comme à la sortie d’un Vaporreto à Venise.
Nous avons mangé dans un marché de nuit, des choses délicieuses, porc et canard grillé, jus de goyave et pommes mixées, carottes et citron… puis avons terminé sur un somptueux dessert, mangue et riz gluant sucré au lait de coco !
J’aime énormément ces endroits pour dîner à Bangkok.
Il y en a dans toutes les rues… On voit des choses qui y ressemblent il me semble au Vietnam ou en Chine mais ce n’est pas pareil.
Ce sont des tables de camping posées dans la rue autour de chariots sur lesquels grillent des brochettes des poissons, des poulpes ou bien coulent des jus de fruits etc. on choisit sur les déférents chariots et les marchands apportent à tour de rôle ce que l’on a choisit chez eux…
Tout Bangkok mange dans ces marchés de nuit ou on mange pour 150 ou 200 Bhat (3 / 4 euros). Il paraît que beaucoup d’appartements à Bangkok n’ont pas de cuisine… car tout le monde mange dans la rue et à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.
Ensuite nous avons longé la rue détrempée dans une moiteur incroyable, même après la pluie des gouttes semblent suspendues dans l’air. Les bananiers dans les jardins sont luisants.
La rue coule comme une rivière et les passants stoïques marchent dans l’eau jusqu’au genoux, escarpins ou tongs ou Nike à la main afin de rejoindre le métro aérien qui surplombe la rue.
Il y a des concerts de grenouilles qui chantent à tue tête après l’orage, et des crapauds que j’ai pris au début pour un violoncelliste qui accordait son instrument. C’est incroyable la symphonie à laquelle ils se consacrent…
Au bout de la rue nous sommes entrés dans un jardin sombre avec des villas en tek reliées par des escaliers et ponts au milieu de bassins, de bambous, nénuphars et bananiers, comme la villa de Jim Thomson. C’est un bar que je recommande vivement et dont j’écris l’adresse ici pour m’en souvenir : # 29 Soi 38, Sukhumvit Road, Prakanong Klongtoey, BKK. ( T. 66-2-713 6047). Il en existe un autre à Jakarta, un à Shanghai installé dans une fumerie d’opium et un à Pékin dans une ancienne Ecole. http://www.facebars.com
Dans cette chaleur ruisselante le bois est plus agréable à pratiquer et les odeurs du jardin explosent, les mousses, le jasmin et toutes les plantes que je ne connais pas…
Nous nous sommes installés sur un lit chinois à l’intérieur et Sarah et Anan ont joué au billard pendant que je contemplais les lieux en fumant un cigare à la saveur démultipliée par les odeurs autour.
Je suis revenu seul avec un chauffeur de taxi chaleureux qui parlait anglais et m’a exposé sa conception de la famille après 3 divorces… une source de malheurs et d’embêtements à répétition , ça m’a fait rire…
Cet après-midi je vais aller travailler sur les mailings à l’Ambassade, puis Eme, la femme de Ark m’a téléphoné pour m’inviter à lui rendre visite à elle et à Museum en fin d’après-midi.
18 juin 2006
Banlop Lomnoi
Le tres paisible Anan
Je me suis réveillé à deux heures de l’après-midi avec la pluie qui battait les vitres et les grondements de tonnerre. Je m’étais couché à cinq heures à la fin d’une nuit mémorable.
Après avoir posté le blog, hier après midi, j’ai dîné de toutes sortes de brochettes salées et sucrées sur le marché. Puis je suis monté me reposer. A la nuit tombée je suis redescendu au temple hindou à l’heure des pujas, avec les encens fumant, les offrandes et les rites qui se font à la tombée de la nuit... Les odeurs, les pieds nus sur la pierre, la chaleur, la musique des tablas, les statues peintes me plongent dans un ensorcellement que j’adorais en Inde et qui est le même ici. Et puis ça me plait de regarder ces thaïs et ces indiens ensemble… Leurs différences et similitudes apparaissent de façon plus aiguë.
A 20h j’ai retrouvé Aruna, Sébastien, Yves et Anan au bar du 37 eme étage du Sofitel, qui étaient en rendez-vous avec les directeurs de la restauration de l’établissement. Les murs vitrés plongent au dessus de la ville. Nous sommes partis à la recherche d’un restaurant chinois mais au bout d’une heure d’embouteillages presque immobiles nous avons rebroussé chemin et sommes revenus au point de départ pour dîner dans un restaurant chinois d’un marché de nuit. J’ai parlé avec Aruna des recherches en anthropologie qu’elle avait effectué en Inde…
Puis vers minuit chacun a pris un taxi différent et Anan et moi nous sommes rendus à une deuxième soirée. L’endroit est un décor comme j’aime et qui préfigure la fin du XXI ème siècle. La soirée se déroulait au 40 ème étage, sur une piste d’atterrissage pour hélicoptères bal La nappe lumineuse de Bangkok qui s’étend autour n’a pas de limite dans quelque sens que l’on regarde. On voit les ponts, l’enchevêtrement de buildings comme un réseau électronique actif. J’adore capter l’énergie dégagée par ce type de lieux. J’ai discuté longuement la tête dans les étoiles avec des artistes thaï aux yeux plus rieurs que leurs camarades français puis avec Marc un photographe français intelligent et plein de fougue latine, il vit ici avec une des plus jolie thaï que j’ai rencontré à BKK. (photo) A 3 heures lorsque j’ai voulu dire au revoir, on m’a dit mais tu ne viens pas te baigner avec nous ?
Au rez-de-chaussée de l’immeuble une piscine gigantesque qui ressemble à un lac arrondit, est suspendue entre deux buildings de verre qui montent vers le ciel. La sensation est très curieuse, se baigner nu en plein cœur de Bangkok, entre les buildings éclairés, les palmiers posés autour de la piscine et le brouhaha de la ville… L’Asie est spécialiste pour créer ce type de décors. Tout à coup je me suis aperçu que le thaï très affable avec qui je parlais en me baignant était Banlop Lomnoi l’acteur du film Tropical malady d'Apichatpong Weerasethakul. Ca m’a fait un choc comme la collison de deux fictions. A trois heures, cet après-midi je suis descendu au bar de l’hôtel prendre un petit déjeuner. Je me suis installé dans la véranda en verre qui avance sur le trottoir de Silom Road. Elle ruisselle de pluie et supporte les torrents d’eau qui se déversent du ciel. J’ai regardé les gens qui marchaient sous la pluie en buvant mon café avec un gâteau viennois et j’avais la sensation d’être un poisson dans un aquarium en train de regarder d’autres poissons dans un autre aquarium.
17 juin 2006
Je n’ai pas publié de blog hier, car tout à coup tout le travail s’est mis en marche.
Avant hier, je m’étais arrêté avant de partir à l’Ambassade du Vietnam pour demander un visa.
Je l’ai trouvée au dessus du Parc de Lumpini. C’est amusant car l’Ambassade des Etats-Unis et celle du Vietnam sont presque côte à côte à Bangkok.
J’imaginais tout ce que cette portion d’avenue avait vu pendant la guerre du Vietnam ; les diplomates, les espions, les militaires, aviateurs, photographes, réfugiés etc. etc.
J’ai déposé mon passeport et suis redescendu à travers Lumpini Park, entre les écoliers qui reviennent de l’école en uniforme blanc et bleu, les gigantesques iguanes de un mètre cinquante que j’ai pris d’abord pour des varans et qui jouent sur la pelouse, les musclors qui courent et font des mouvements et les vielles Thaï qui marchent sous des ombrelles comme les japonaises.
Le soir je suis rentré à l’hôtel, j’ai mangé un poisson sur la terrasse et j’ai lu jusqu’à trois heures du matin dans mon lit.
Le lendemain matin, hier, je suis allé au labo voir mes essais.
La directrice du Laboratoire photo à qui j’ai à faire, a un caractère psychorigide. La première fois j’ai été inquiet, maintenant j’ai compris comment procéder, et je fais appel à mes ruses de monkey.
Au début, elle disait non à toutes mes questions, peu à peu elle dit oui…
Quoi qu’il en soit les couleurs sont pas mal et il y a peu de corrections à effectuer, j’espère que les grands tirages seront propres et à la bonne taille.
En sortant, j’avais rendez-vous à l’ambassade avec Gaëlle afin de me rendre à la galerie de Ark, sur Rama IV.
Le taxi nous y a conduit.
La bâtiment est nouveau et vient d’être terminé. Très High-Tech, beaux sols en composite noir, très haut sous plafond, grands murs blancs et en verre, c’est chic comme une galerie d’art contemporain n’importe où sur la planète avec les mêmes standards d’Osaka à Sao Paulo ou Los Angeles… Le bâtiment donne sur l’avenue et est situé dans le parc de la Bangkok University.
J’aime beaucoup ce lieu, et la lumière qui le traverse.
Ark nous a accueillit avec un grand sourire, son bébé vient de sortir de l’hôpital et est sorti d’affaire, ce n’était qu’une jaunisse. Il nous a montré les photos on dirait une petite sculpture Khmer, avec les paupières larges et bombées. Le bébé s’appelle Muséum, Muséum Fongsmut, mais ils le nomment Mue (prononcer miou).
Ark travaille avec une jolie assistante à la peau aussi sombre qu’une indienne du sud, qui a fait des études d’anthropologie, et avec un joli graphiste rond, trapus et timide qui ne parle pas un mot d’anglais mais qui m’a montré la belle affiche qu’il a conçue pour mon expo et qui va ensuite réaliser le catalogue. Nous travaillerons sur le catalogue ensemble mercredi et jeudi et l’imprimerons vendredi. Ces délais me donnent des frissons d’angoisse, mais j’essaye de prendre les choses avec détachement et confiance.
Ensuite Ark nous a fait visiter la galerie. Immense rectangle de 160 m2 avec un mur en avancée. Sur ce mur j’accrocherai la composition des vingt petites images (38 x 50 cm).
Peut-être à l’opposée je poserai les deux terrasses, et de chaque côté les portraits, et les dix autres grandes images.
Gaëlle note toutes mes questions et cherche rapidement la réponse, j’adore cette façon de travailler et de donner le relais à quelqu’un d’autre.
C’est inimaginable le nombre de détails et de problèmes annexes à la création des images qu’il faut traiter et contourner depuis un an qu’a débuté le travail pour cette exposition. C’est comme ça pour toutes les expositions et pour tous les artistes je suppose.
Si l’un des détails était négligé, on ne verrait que lui et cela altèrerait la qualité de l’exposition. Une fois l’accrochage réalisé, les problèmes résolus sont devenus invisibles, les défauts non devancés apparaissent…
C’est épuisant pour l’esprit, j’ai l’impression de tenir des piles d’assiettes dans chaque main, et repasse en permanence dans ma tête ce à quoi je n’ai pas pensé mais qui pourrait arriver.
Curieusement je dors bien.
Le fait d’être dans un pays dont je ne connais pas la façon de travailler ni la langue aiguise encore plus les choses inconnues et les angoisses mais détend d’une autre façon en faisant disparaître la nervosité ou les colères que je peux avoir à Paris. Les défauts exotiques sont plus supportables que ceux qui nous sont familiers.
Ark, nous a invité Gaëlle et moi dans un restaurant japonais où nous avons mangé des algues et des tempura.
Puis ils nous a ramené à Lumpini Park dans son coupé BMW.
Je suis allé chercher mon visa à l’Ambassade du Vietnam et suis redescendu par l’alliance en taxi, car la chaleur monte et devient impossible. Dès que je fais cent mètres à pied, je deviens liquide et me mets à bouillir.
Au moment où je rejoignais mon hôtel vers 19 heures, la nuit tombée, le ciel s’est déversé sur Bangkok. Il y a des masses d’eau qui s’écroulent sur la ville, les voitures calent, les embouteillages deviennent encore plus congestionnés, les hommes en costumes sur les motos ruissellent comme des éponges saturées d’eau, les filles courent dans l’eau leurs escarpins à la main, des sirènes se mettent en marche, j’adore ces spectacles de fin du monde. Une heure après tout est redevenu normal.
Le soir, Yves du ministère de la culture qui vient montrer un show sur la mode, la semaine prochaine (c’est la même personne que j’avais rencontré par hasard un 27 décembre à 10 heures du matin dans un jardin sous la neige à Suzhou, une petite ville au nord de Shanghai) est venu me chercher à mon hôtel pour dîner ensemble. Nous avons beaucoup parlé et rit, puis nous sommes énervés car le serveur du restaurant nous a fait payer deux fois la note, ça s’est même terminé avec un policeman corrompu dans le restaurant.
Nous sommes revenus dans les rues chaudes en nous disant que ça nous ferait un souvenir.
Ce matin, samedi, je suis allé voir les nouveaux essais au Labo. Les terrasses, la ville dorée et l’éléphant avec le singe drogué qui étaient trop sombres. La directrice est plus gentille avec moi, par contre elle m’a montré sur quoi elle allait contre coller les photos.
Je lui ai dit que ça ne me plaisait pas du tout, car c’est une sorte de carton, qui va gondoler…
En sortant je suis allé boire un jus de citron dans le soleil matinal pour réfléchir à tout ça, et j’avais des visions d’horreur en imaginant mon exposition, avec toutes les images gondolées au mur.
Heureusement arrivé à mon hôtel, Ark m’a appelé car il était à la réception pour m’apporter le téléphone de sa mère, dont elle ne se sert pas.
Je lui ai parlé de mes angoisses de contre collage et il m’a dit, pas d’inquiétudes le contre collage se fait dans un autre atelier où nous irons ensemble jeudi et avec un autre matériau…
Mes angoisses sont retombées et la vision dramatique de l’exposition chassée… jusqu’à ce que ça recommence pour une autre raison.
Ark fait partie des rares personnes qui apaisent mes états émotionnels en montagnes russes. Comme Raphaël, en quelques secondes Ark me communique son calme et désamorce mes scénarios et mes projections dans le désastre.
Plus je le vois, plus je trouve que Ark et Raphaël ont un caractère proche. Même intérêt pour la création au moment où elle se fait, même absence d’hystérie…
D’ailleurs ils s’entendent bien mais je ne pense pas que ce soit leur similarité qui les rapproche.
J’espère que mes états d’âmes ne lui font pas peur.
Ca n’a pas l’air, et il a du avoir à faire à des artistes et des cas bien plus hystériques que je ne le suis. Les gens avec qui je travaille me disent souvent que pour un artiste je suis très calme ! hé hé hé
La création rend fou, mais c’est drôle en même temps, c’est ce que je me disais ce matin en assistant avec le sourire à mes angoisses, c’est la confrontation quotidienne au vide, et juste avant l’accrochage l’angoisse est à son apogée puis redescend en mélancolie les jours après le vernissage.
Aujourd’hui ça me fait rire, parfois ça me fatigue psychologiquement et musculairement.
C’est ce même vide qui parfois se retourne comme une lame de fond et avale certains artistes comme Pollock ou Virginia Woolf (ou De Staël, Klein etc. etc.) et leurs nombreux camarades; je me demande souvent quel moment de la création a déclenché se basculement en eux… ou quelle chose inconnue ils n’ont pas voulu affronter, elle en remplissant ses poches de cailloux et en avançant dans la rivière au fond de son jardin et lui au volant de sa Plymouth qui s’est jeté dans un précipice avec sa maîtresse et une amie…
A y réfléchir et en me remémorant leurs journaux (pour ceux que je connais) les jours précédents il semble plutôt que ce soit à quelque chose que justement ils connaissaient bien qu’ils ont dit non.
C’est comme si avant ils étaient d’accord, puis tout à coup ils disaient non, ils n’en n’avaient plus envie, ça ne les amusait peut-être plus…
Je n’ai pas d’idées sombres, bien au contraire c’est très intéressant de penser à ça.
Cet après-midi je pourrais faire le touriste dans Bangkok, mais le fait d’être venu pour travailler ne me donne pas ce genre d’énergie pour l’instant, peut-être demain.
Je pense que je vais plutôt monter sur le toit et lire au bord de la piscine après avoir posté ce blog et mange une brochette au marché.
Ce soir je suis invité à dîner avec Anan et Yves chez la belle Aruna et le beau Sébastien ; elle est l’attaché culturel et est d’origine indienne et lui drive tout le festival français à l’Alliance.
15 juin 2006
Hier après-midi j’ai descendu Silom Road, (l’avenue sur laquelle est mon hôtel) jusqu’à la rivière et l’embarcadère de l’Oriental.
Je commence à rentrer peu à peu dans l’atmosphère Thaï. Ce qui surprend chez les Thaï c’est leur froideur au premier abord qui fait place rapidement à des attitudes chaleureuses.
En descendant vers l’Oriental on pénètre dans un Bangkok plus ancien, construit je pense dans les années 30. On voit encore des villas en bois vermoulu entre les immeubles.
Tout le long de Silom dans les rues transversales, il y a des petits marchés où se vendent des nourritures succulentes, souvent grillées ou noyées dans un sirop…
Les parfums des fruits et les fumées des grills qui alourdissent l’air humide est un régal.
Sur mon chemin, j’ai rencontré un temple hindou. C’est curieux, outre les indiens qui vivent ici de nombreux thaï semblent hindous, à moins qu’ils viennent vénérer les dieux du panthéon indien comme les indiens s’occupent d’honorer et de réserver certaines demandes à des dieux d’autres religions que la leur…
Je me suis arrêté un long moment pour regarder. Les jeunes filles thaï en mini-jupes ou jean collant, T-shirt à paillettes, et escarpins roses sont allongées et téléphonent appuyées contre les dieux. Les garçons branchés, ou en costume cravate, viennent faire leurs offrandes et prier cinq minutes dans les fumées d’encens.
Les dieux indiens ressemblent à de vrais Dieux, c’est ce qui me plait chez eux. Ils ont d’immenses yeux ouverts sur l’infini, le corps peint en vert et couvert de métal, enrobés de symboles et d’offrandes.
Les brahmanes (les prêtres) à moitié nus font leurs rites nonchalamment. Ici ils ont résolu le problème des offrandes de lait en offrant des briques de lait comme le lait lactel, du coup il y a des collines de briques de lait autour des dieux.
En fin d’après-midi je suis passé à l’Ambassade. Tout le monde se préparait à aller à un concert de Mozart et Ravel donné par le Bangkok Symphony Orchestra.
J’avais une invitation, mais mes vêtements étaient pas appropriés à ce type de soirée. Pour éviter deux heures d’embouteillage j’ai fait un aller retour à mon hôtel en moto-taxi pour revêtir une chemise blanche et mon costume.
En moto, on se faufile entre les voitures, les bus et parfois pour rejoindre deux artères on passe dans des ruelles de 60 cm de large dans lesquelles apparaît un autre Bangkok que celui des avenues.
Outre la musique la soirée de concert était très intéressante. Il y avait tous les ambassadeurs et ministres thaï, ainsi que la grande bourgeoisie de Bangkok avec les femmes en robes de cocktails.
Mais ce qui a été encore plus intéressant c’est que le concert à été honoré par son altesse Royale sœur du Roi très âgée et paraît-il très respectée par les Thaïs. J’ai pu observer ce que représentait la famille Royale ici et surtout les rites qui lui étaient réservés.
Nous étions encore dans le hall quand tout le monde s’est précipité pour s’engouffrer dans la salle de concert car la princesse était annoncée et plus personne ne peut entrer après un membre de la famille Royale.
Puis nous avons attendu dans la salle une vingtaine de minutes.
Depuis mon fauteuil j’avais une vue en enfilade sur le couloir d’où elle devait arriver ce qui m’a permis d’observer l’agitation et les préparatifs.
Tout à coup, le public fait silence, l’orchestre se lève et debout il joue l’hymne du Siam.
J’ai vu apparaître au fond du couloir une vielle dame qu’on tenait, courbée derrière un trépied à roulettes comme dans les maisons de retraites.
Puis arrivée à l’entrée de la porte une seconde avant de mettre le pied dans la salle de concert, elle pousse sèchement le trépied de côté, tout le monde la lâche et elle avance dans la salle en se tenant très droite et vêtue d’une robe rouge Chanel pour apparaître à son peuple dans sa meilleure forme.
On dirait une entrée en scène d’un acteur fatigué, en tout cas ça en a le panache et la salle est chargée en emotion.
Ensuite un serviteur en blanc s’avance à genoux en tenant un plateau doré avec des boissons pour se désaltérer.
L’Ambassadeur s’est adressé à elle en français, langue qu’elle parle parfaitement paraît-il.
J’ai été étonné d’écouter de nombreux Thaïs à l’entracte et autour du bar maîtriser un parfait français.
A la fin du concert, la pricesse se lève et le public avec elle, l’orchestre joue l’Hymne de la famille Royale puis à nouveau celui du Siam. Elle quitte la salle.
Puis le public se lève mais nous restons dix bonnes minutes derrière les portes fermées, car la princesse doit avoir quitté les lieux avec sa voiture pour que le public puisse sortir de la salle.
J’ai adoré voir tout ce rituel très siamois.
En sortant nous sommes allés dîner dans un petit restaurant près de Lumpini Park avec les jeunes filles de l’alliance française, Anan et un photographe de Gama, je suis revenu à pied à mon hôtel vers une heure et demi.
Il faisait une chaleur folle cette nuit, en costume je ruisselais comme dans un hammam, de marcher sur les trottoirs encombrés en pleine nuit m’a rappelé mes nuits indiennes…
C’est une des choses que je préfère ; les promenades nocturnes dans les villes asiatiques, avec la mousson c'est la cerise sur le gateau.
A deux heures du matin à Bangkok, il y a des boutiques ouvertes tout le long, des marchés de nuit des tables pleines qui mangent, boivent, des gens qui travaillent et d’autres qui dorment…
En arrivant dans ma chambre j’ai regardé un film hindi en technicolor des années 50…
Du coup endormi à quatre heures je me suis réveillé ce matin avec difficultés.
J’ai reçu un appel de Gaëlle ce matin, le bébé de Ark doit sortir de l’hôpital cet après-midi, je suis content, on devrait bientôt se voir…
Je vais essayer de trouver l’ambassade du Vietnam en attendant cet après-midi.
14 juin 2006
Je me suis arrêté à mon arrivée à Bangkok, et à ma première soirée près de Patpong.
Hier vers midi je me suis rendu à l’Ambassade, et au service culturel de l’alliance. J’y ai retrouvé Anan rencontré l’année précédente et qui travaille maintenant dans le même bureau que Gaëlle … J’y ai rencontré Sébastien qui drive l’événement Bangkok Photo…
Ark (le commissaire de mon exposition), qui est papa depuis une semaine et paraît-il ravi, n’est pas visible pendant 48 h car le bébé avait hier quelques problèmes de santé.
Ark est m’a-t-on dit ravi de ma venue, cette information m’a fait plaisir car c’est très réciproque ; c’est la personne la plus efficace et agréable avec qui j’ai travaillé cette année.
J’apprécie son côté placide, jovial et gourmand, avec une intelligence amusée qui brille dans ses pupilles…
J’ai attendu une bonne partie de l’après-midi, puis Anan m’a conduit au labo qui va tirer mes grandes images afin que je leur remette les fichiers des 32 images pour commencer les essais.
Les premiers essais seront visibles vendredi matin, j’ai hâte.
Le catalogue est encore au stade de la maquette.
A l’ambassade tout le monde me répète pour pas que je m’affole, ici tout se fait en retard et au dernier moment…
En sortant du labo j’ai invité Anan a venir boire un verre et se rafraîchir dans la piscine sur le toit de mon immeuble.
C’est magique de voir le soleil se coucher quotidiennement sur les toits de Bangkok.
C’est une organisation urbaine et une superposition de toutes les constructions et voies de circulations possibles.
Il y a des habitations à un étage avec des toits de tôle ondulée, des villas élégantes, des hangars, des immeubles de trois ou quatre étages puis des tours en verre de quarante étages, sur les toits des buildings il y a d’autres maisons en tôle posées, des temples dorés, des piscines bleues, des pelouses… des jardins dans le ciel.
Entre ces constructions, des rues, des canaux, autoroutes, des voies de métro qui serpentent au dessus des rues, des terrains vagues, des bateaux.
John Saul dans Paradis Blues, le roman que je lis en ce moment et qui se déroule à Bangkok, décrit une sensation que j’éprouve toute la journée …cette immense toile d’araignée de crasse et de bruit lui procurait comme toujours une merveilleuse sensation de plaisir, dénuée de sens.
Nous avons dîné sur la deuxième partie du toit, suspendus au dessus des tours et dégusté des crabes, sèches et crevettes aromatisés en buvant une bière.
En descendant dans ma chambre je ne sais pour quelle raison j’étais très angoissé et d’humeur cafardeuse…
J’ai essayé d’analyser ; peut-être le fait que je sache qu’Ark était retenu et lui-même anxieux de la santé de son fils, ou le fait que le catalogue ne soit pas imprimé, ni les images… j’avais l’impression que rien n’allait se faire… puis je me suis dit qu’à chaque séjour à l’étranger j’avais ce type de sentiment au bout de 48 heures.
C’est le moment où je lâche ma dépouille ซ parisienne ป pour muer vers plus de fluidité et plonger dans cette grande toile d’araignée…
Il faut bien 48 heures pour que le cerveau et le corps comprennent que ce qui leur était demandé les semaines précédentes n’est plus valable ici.
Ils cherchent le nouveau mode qui va permettre de vivre de façon plus juste ici, ils ajustent, jettent ce qui n’est plus nécessaire jusqu'à me proposer un corps et un cerveau plus adaptés aux situations et qui me permettront de devenir ergonomique aux espaces et aux moments vécus, d’avoir de meilleures réponses aux questions et problèmes ; d’être bien.
Je pense qu’hier l’organisation du travail m’a dérouté car j’étais sur mes anciens modes…
Ce matin je me suis réveillé calme et comme après avoir trop bu sans que ce soit le cas.
J’ai tiré le rideau de la baie vitrée pour dévoiler la Skyline de Bangkok ensoleillée, j’ai pris une douche, mis ma chemise bleue clair de Calcutta et je suis descendu prendre le petit déjeuner.
Cet hôtel m’était destiné ; c’est semble-t-il un hôtel où descendent beaucoup d’indiens. Des couples en voyages de noce, des hommes d’affaires, des familles qui voyagent… je discute avec eux dans la piscine, ils adorent parler.
Ils me plaisent décidément beaucoup ces indiens. Les femmes se baladent nonchalamment en saris de mousseline rose clair ou vert avec des gestes d’une élégance presque théâtrale.
Dans ce décor on dirait des figurines antiques perdues dans le futur.
Les hommes sont hyper soignés, à la fois intérieurs et rieurs.
Leur élégance me ravit, et je reste des heures plongé dans la contemplation de leurs gestes, déplacements, réactions qui m’indiquent beaucoup sur la façon la plus sage de bouger sur cette planète.
Tant pis si ma perception est subjective puisqu’elle me procure ce plaisir et ces perspectives.
Du coup la télévision dans la chambre propose trois chaînes de films hindi non sous titrés, j’en regarde un tous les soirs et les indiens me sont devenus tellement familiers finalement que je décrypte les allusions et clin d’œils presque aussi bien que dans un film de Chabrol.
Aujourd’hui ma journée est calme car je dois attendre que les tests se fassent, et devrait voir Ark seulement demain.
Je dois passer à l’ambassade tout à l’heure. Avant je vais descendre à pied jusqu’à la rivière pour me plonger dans le bain de la rue et boire un café à l’Oriental (l’hôtel mythique de Bangkok) que je ne connais pas encore.
Je ne prends pratiquement pas de photos.
Je pense que je dois d’abord montrer celles réalisées pour ici avant d’en faire de nouvelles.
Pour l’instant je navigue mentalement dans l’esthétique de Marayat & John Lee, je vois des Marayat partout, des plantes vertes dévorantes et des piscines bleus sous des ciels de mousson, des villas des années 60 et des corbeaux et des mouettes qui crient…
Voilà l’outrecuidance artistique, faire plier le réel à son imaginaire…
13 juin 2006
Le carton d'invitation de l'exposition
The King and the King
la vue depuis mon lit
Je reprends le blog de Bangkok à sa suite, onze mois plus tard.
A Roissy dimanche soir, sous un coucher de soleil orange, je n’avais plus envie de partir ; c’est le saut vers l’inconnu qui provoque ça; une fois l’appareil mis en route et après le décollage et une coupe de champagne, Paris est déjà derrière.
Je suis très enclin à lire les situations et les paysages selon le prisme de la science-fiction. Ce depart avait un peu de cet air là. Car avant de quitter l’aéroport je disais à Raphaël, que je partais faire l’accrochage d’une exposition à 12000 km, et remplir une galerie de 160 m2 avec mes images sur trois petits CD dans mon cartable. Je ne suis pas J. Pollock... Je trouve ça excitant de partir avec trois petits CD qui vont se matérialiser en grandes images dans quelques jours.
L’exposition va s’appeler « Marayat & John Lee » et les images, « Marayat & John Lee 1 », « Marayat & John Lee 2 » etc.
Je remonterai la source plus en détail un jour pour raconter, mais le point de départ de ces images est parti des romans écrits par Emmanuelle Arsan, dans les années 6O, ils ont inspiré les célèbres films « Emmanuelle » qui ont malheureusement laissé plus de souvenirs que les curieux romans de son inspiratrice.
Emmanuelle Arsan, jeune femme Thaï très belle était et est toujours mariée à un diplomate français en poste à Bangkok dans les années 60. Son nom Thaï était Marayat…
Elle a construit d’étranges fictions mettant en scène Emmanuelle (elle-même) dans le Bangkok de ces années-là, le roman au-delà des rencontres érotiques et des scènes sensuelles qui le ponctuent est une méditation sur la nature humaine, sa sophistication et sa sauvagerie. Ce qui est singulier c’est qu’elle prend le contre-pied de cette époque pour parler d’érotisme. Au lieu de prôner un retour à la nature elle prône une sophistication extrême des désirs et des pulsions et une transgression absolue de la notion de nature.
C’est ce que j’aime dans ces romans, ce qui m’intéresse aussi c’est au fil des romans qui se succèdent dans les années 60, puis 70 jusqu’en 2006 (sortie de son dernier roman) le désenchantement qui grossit comme un ciel de mousson.
Mais j’y reviendrai…
En vol je pensais au début du premier roman, ou Emmanuelle embarque en 1958 sur un avion Air France à l’aéroport du Bourget et en direction de Bangkok où elle va retrouver son mari. Pendant des dizaines de pages elle décrit chaque aliment, alcools, les gestes des hôtesses de l’air, les cuirs des fauteuils, des coussins, les moquettes, les parfums, la cabine de douche, puis naturellement, comme au ralenti elle fait l’amour avec son voisin de voyage puis avec l’hôtesse de l’air dans un décor glamour et irréel.
Sans passer par toutes ces voluptueuses étapes mais après un voyage très doux quand même, je suis arrivé à 16 heures hier après-midi à Bangkok sous la même lumière qu’à Paris la veille, un coucher de soleil orange et la même température, 33°c. Mais ici il fait 100 °/° d’humidité.
Gaëlle, de l'Ambassade de France m’attendait avec un grand panneau.
Nous avons pris un taxi pour entrer en ville il m’a semblé avoir roulé une ou deux bonnes heures dans les embouteillages provoqués par l’anniversaire du Roi.
Dans le taxi elle m’a remis une chemise avec différents documents liés à mon exposition et a mon séjour, dont le carton d’invitation de mon exposition qui a été imprimé.
J’ai été surpris et ça m’a amusé de voir l’image de Marayat depuis quelques mois sur mon écran et tout d’un coup dans ce taxi et dans la ville pour laquelle elle a été conçue.
En haut à gauche il y a l’insigne royal qui signifie sous le Haut patronage de Roi: « Marayat & John Lee »...
C’est l’anniversaire du Roi, dans la rue tout le monde est habillé en jaune, le roi est adoré par ses sujets, c’est semble-t-il un esprit éclairé et c’est une offense terrible que critiquer le roi. Il incarne quelque chose qui a à voir avec le sacré.
Une note dans mon dossier d’ailleurs me l’explique pour éviter un incident diplomatique, plus d’autres détails, comme il est malvenu de stopper une pièce tombée au sol avec son pied, car elle représente l’effigie du roi…
Sur Silom, au Tower Inn, j’ai découvert ce que sera ma maison pour les trois prochaines semaines.
C’est un grand studio de 30 m2 très agréable qui ouvre sur les toits et buildings de Bangkok. J’ai eu du mal à le trouver car l’ascenseur ne m’arrêtait jamais au bon étage, jusqu’à ce que je comprenne que j’étais au 13 ème étage que l’on avait désigné pour ne pas tenter le mauvais œil, étage 12 A…
Gaëlle m’a emmené a travers les rues humides de Patpong dîner de salades de papayes et de crevettes dans un petit restaurant avec des serveuses en mini jupes et larges sourires et les festivités du Roi sur l’écran TV.
L’accueil depuis que je suis arrive a Bangkok est agréable, je suis ravi d’être ici.
Je voudrais continuer mais j’ai rendez-vous à midi à l’ambassade, je reprendrai...
...................................................11.Mois.Plus.Tard.................................................




























